Première page | <<< | 1 | 2 | 3 | >>> | Dernière page
"Persepolis", Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud


Le chouchou de la critique est enfin dans les salles ! Cela fait presque un mois que je l'attendais avec impatience étant tombé follement amoureux des quelques extraits diffusés sur le net et le voici enfin !

Pour les quelques malheureux qui seraient passés à côté de l'énorme buzz médiatique qui a entouré le film (prix à Cannes, Deneuve au doublage, réalisateurs présents dans "Ce soir ou jamais", excellentes critiques etc.) Persepolis est un film d'animation autobiographique qui raconte l'histoire de la jeune Marjane, de sa vie en Iran puis en Europe. Les dessins sont chouettes et stylisés. C'est drole et pas miserabiliste. Tous les éloges possibles ont été faites à maintes reprise et bien mieux que je ne pourrais les faire.

Seulement, même si le film est génial et que c'est sans contest un des films qui va marquer l'année 2007, je crois que le qualifier de chef d'oeuvre serait un peu précipité . . . C'est certe un film plaisant , qui fonctionne et qui n'est pas débile, mais le tout est tout de même un poil décevant : malgrè une certaine liberté de ton, nous restons quand même amplement dans le politiquement correct, la morale bien pensante et j'aurais aimé un peu plus de prises de risque. Et j'ajouterais, aussi, que l'image, une fois dépouillée du premier degré et du récit linéaire, ne renferme plus grand chose. Mais ceci passe relativement inaperçu aux vues des points positifs.

On esperait un chef d'oeuvre mais c'est seulement à un très bon film que nous avons à faire . . . et c'est déjà pas mal !
 
Persepolis - ma note pour ce film :
Réalisé par Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud
Avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, ...
Année de production : 2007
"Kings Of The World", Valérie Mitteaux, Anna Pitoun, Rémi Rozié


Kings of The World est un documentaire sur les Etats Unis réalisé par trois français. Alors bien sur, vous vous doutez bien de la tournure que ca va prendre . . . Il est toujours agréable de voir les idoles se faire couper la tête et c'est pour mon plus grand plaisir que je suis allé voir ce film qu'on a beaucoup comparé à du Mickael Moor.

La comparaison est fausse. Kings of The World est extrêmement plus cheap et la réalisation est au raz des paquerettes. Nous avons plus à faire à un témoignage qu'à une oeuvre d'Art car même si on sent une réalité sous-jacente à certains moments (le film commence par un gros plan sur une machine à laver, allégorie des USA, machine puissante tellement bruyante qu'on ne s'entend plus penser) l'image est trop dégueulasse pour que l'on puisse s'y interesser. Pas d'interludes survoltés, de montages géniaux et d'experimentations en tout genre : le film consiste a une série d'interview de la vraie amérique sur leurs avis sur le gouvernement actuel, la façon dont ils perçoivent leur place dans le monde et point barre.

Le point de vue se veut objectif. Je n'ai jamais réélement cru à ça. Un film, c'est avant tout un montage, une selection et dans tous les cas l'auteur transparait. Il aurait peut-être fallu préférer une subjectivité assumée car c'est là que se creuse tout le probléme du film : on ne sait pas exactement où l'on va, quel est le fil directeur ni même ce que cherche à nous montrer les réalisateurs. Peut-être rien, peut-être juste un diaporama de plusieurs profils, un echantillon des Etats Unis . . . Je trouve ça un peu léger. On n'apprend finalement pas grand chose mais les témoignages sont parfois assez géniaux et si vous êtes avide de cynisme, vous aurez de quoi vous défouler et regonfler votre chauvinisme tant certains spécimens sont ridicules, démocrates comme républicains.

Kings Of The World est une sorte de Strip Tease sur les Etats Unis qui vous fera parfois flipper, parfois rire, mais jamais réflechir.


 
"Buenos Aires 1977", Adrian Caetano


"Buenos Aires 1977" est une pépite venue d'amérique latine. Une fois de plus je ne comprends pas la critique. Je n'en dirai pas plus au risque de devenir répétitif mais courrez voir ce film.

L'action se déroule en 1977, en Argentine, en pleine guerillas. Cependant, "BA77" n'est pas un film historique à proprement parler. Vous n'aurez aucune chronologie précise ni aucun détail de cette sombre période; juste le récit d'une séquestration de 120 jours et de l'évasion qui s'en suit. Le décor est planté au bout de 10 minutes et le reste est un gigantesque climax d'1h30 où la tension est reine.

Ajoutons à cela le fait que même s'il n'y'a pas de grandes trouvailles scénaristiques, le film est parfaitement bien réalisé : beau, simple et très adapté au propos. Le corps y est transcendé à chaque instant à tel point que le visionnage du film devient une experience de tous les sens : le roulement des os sous la peau, la reverberation de la pluie sur ces corps magnifiques et rééls . . . Il se dégage de la pellicule une sorte d'érotisme étrange, quelque chose d'organique à tout prix qui fait comprendre mieux que tout long discours ce qu'est l'instinct de survie et pourquoi la vie est si importante.

Un film bluffant.


 
Buenos Aires 1977 - ma note pour ce film :
Réalisé par Adrián Caetano
Avec Rodrigo De la Serna, Pablo Echarri, Nazareno Casero, ...
Année de production : 2006
"Héros", Bruno Merle


Dans mon jeune âge (malheureusement pas si éloigné que ça), j'ai dépensé 5€ pour aller voir la Beuze. Depuis, j'accorde très peu de crédit à Mickael Youn. Aujourd'hui, j'ai accés illimité aux cinémas. La raison n'est certe pas suffisante mais (a) le film n'est pas de lui (b) ce n'est pas une comédie (c) l'affiche du film est, il faut l'avouer, plutot canon . . .

Pour faire court, ce film n'est pas mauvais. Je crois même que le réalisateur, Bruno Merle, a fait un excellent premier film, bourré d'idées et avec un effort dans le style. Je ne sais pas si j'ai été particulièrement touché parce qu'il reflétait mes propres angoisses ou même si je n'ai pas fantasmé certaines idées mais la magie, dans mon cas, à plutot bien opéré. Bien sur, "Héros" est loin d'être exempts de défauts, le plus génant étant certainement la présence de plusieurs longueurs, mais Bruno Merle nous livre un cinéma de caractére qui se libére des carcans du cinéma français actuel. J'ai de grands espoirs en ce réalisateur qui, je l'espère, avec un peu d'experiences, sera plus efficace, plus clair dans ses idées, même si je veux bien croire qu'il soit difficile pour un jeune réalisateur passioné d'accepter le compromis.

Youn est sans surprise, pas totalement nul mais rien d'extraordinaire. Cependant, ce choix est à mon avis motivé par d'autres raisons et il s'avére plutot judicieux. Bresson choisissait toujours des acteurs inconnus car il ne désirait pas que le spectateur établisse des liens inconscient avec un univers exterieur au film. Merle fait tout l'inverse et utilise Youn pour ce qu'il représente dans l'inconscient collectif des français, c'est à dire un détritus d'M6, victime privilégiée de la société du spectacle . . . bien joué !

Un critique amateur a dit que si ce film avait été asiatique, il aurait reçu d'excellentes critiques. Il avait surement raison. "Héros" est définitivement une oeuvre nihiliste qui pousse ses idées jusqu'au bout et sans complexe mais qui manque malheureusement de maitrise. Dommage !
 
Héros - ma note pour ce film :
Réalisé par Bruno Merle
Avec Michaël Youn, Patrick Chesnais, Raphaël Benayoun, ...
Année de production : 2006
"Ocean's 13" Steven Soderbergh


Steven Soderbergh n'est pas un plouc, n'en déplaise à l'intelligencia crétine qui noircit les pages des magazines. Faites moi plutot confiance, car contrairement à eux, je n'ai rien à perdre ou à prouver. Je suis juste. Je suis amour et vérité. Amen. Ou hallelujah, je ne sais pas trop.

"Ocean's 13" s'est fait démolir par la critique de manière injuste. La preuve en est que rien de ce qui a été dit n'est argumenté (de toute manière ca l'est rarement) et je pense savoir ce qui s'est passé : film grand public, film à succés, troisième volet, casting de choc . . . peut-on réélement passer pour quelqu'un de sérieux et de bon gout si l'on adhere à ça ? Ce n'est pas incompatible mais il faut croire que les journaleux illustres des Cahiers du Cinéma vivent sur une planète où on aime plus les films par pédantisme que pour ce qu'ils sont. Soit.

Ce troisième volet n'est pas un chef d'oeuvre. Rien de surprenant à ça. La série des Ocean's se réclamme du pûr divertissement et on sort de la salle relativement repus. Il faut aimer le "strass et paillettes", les beaux gosses et les histoires de pognon. Une fois ces conditions remplies, il y'a très peu de chance d'être totalement déçu car les ingrédients restent les mêmes. D'une certaine façon, je crois qu'on pourrait comparer ce nouveau cycle à celui des James Bond. Les Bimbos en bikini en moins. Car, même si l'on ne comprend pas tout à l'élaboration du plan, à quelques détails du scènario, le spectateur qui se laisse aller tombera dans une sorte d'ivresse et restera scotché : les dialogues sont droles et croustillants, l'action est toujours présente. What else ?

Vous l'aurez compris; pas un chef d'oeuvre, mais un film sans prétention dans la pure tradition du cinéma hollywoodien actuel : propre et divertissant.
 
Ocean's 13 - ma note pour ce film :
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, ...
Année de production : 2007
Première page | <<< | 1 | 2 | 3 | >>> | Dernière page